haut










 

 

 












haut

 

 

 

 

 

 

 















haut

 

 

 

 

 

 










Décembre 2015

RETOUR VERS LE FUTUR ?

Sous le titre « Comment accrocher le jeune public » une enquête de Pascale Kremer publiée par le journal LE MONDE (25/26 octobre 2015) nous informe qu’avec l’ouverture d’une « Petite Galerie », le musée du Louvre inaugure un espace permanent conçu pour les enfants et les jeunes. Une initiative qui témoigne des efforts des musées français pour rattraper leur retard en matière d’éducation artistique. Donc acte. Juste retour des choses. Après plus d’une décennie d’errements et d’abandons absurdement dictés par les technocrates du Ministère de la Culture, certains directeurs d’institutions culturelles semblent à nouveau se souvenir et admettre que des stratégies d’accompagnement différenciées et spécialisées, des espaces spécifiques et, en corollaire, des financements ciblés, sont indispensables à une effective sensibilisation artistique des jeunes publics. On ne peut que s’en réjouir…

D’autant plus que, depuis plus de 15 ans, en instrumentalisant un refus de toute forme de spécialisation, le Ministère de la Culture a bel et bien réussi à mettre en pièces le dispositif théâtral existant de service public pour jeunes spectateurs (Centres Dramatiques nationaux pour l’Enfance et la Jeunesse, réseau national de plusieurs dizaines de compagnies permanentes jeunes publics, festivals de théâtre, etc.) édifié par des artistes à partir des années 1960-1970. Une destruction effectuée avec le soutien complaisant de la diffusion culturelle généraliste (cf. circulaire Trautman de 1999 et lettres d’information successives de l’ATEJ à ce sujet).

Ce positionnement arbitraire du Ministère de la Culture, motivé par une volonté de désengagement financier exercée aux dépens des enfants et des jeunes, est aujourd’hui l’une des causes de la précarité et de l’état de déshérence où se trouvent non seulement le secteur de la création théâtrale pour jeunes spectateurs mais aussi, au-delà, le secteur dit « jeunes publics » dans son ensemble. En effet, depuis 1999, en dehors de la parenthèse du dispositif pour l’éducation artistique, ébauché entre 2000 et 2002 par les ministres Jack Lang (Éducation) et Catherine Tasca (Culture) puis sabordé sous Jacques Chirac mais jamais repris par la gauche, rien de positif n’a été entrepris pour réactiver une politique nationale clairement définie et convenablement financée en faveur des jeunes publics. Et ce ne sont pas des expédients du genre « Belle Saison » qui peuvent contribuer à redresser la situation.

Aujourd’hui, dans cet état de marasme, l’initiative du Musée du Louvre fait donc sens. Elle démontre que certaines évidences finissent toujours par s’imposer.

Dans chacun des différents domaines artistiques il est indéniable que l’initiation des jeunes publics exigerait, dans les perspectives émancipatrices d’une politique concertée et différenciée de service public, la (re)mise en œuvre de processus spécifiques d’accompagnement, indissociables de l’existence de moyens structurels et financiers appropriés.

Pour le théâtre, il revient principalement aux artistes, auteurs et metteurs en scène avec des enseignants et des intervenants culturels motivés, d’agir collectivement en ce sens.
Pour cela, l’ATEJ est à la fois un lieu de rassemblement, un outil de connaissance et de transmission, une tribune pour des préconisations constructives.

DÉMOLITION ORGANISÉE
« Ne restera-t-il bientôt plus aux artistes interprètes qu'à former les amateurs pour les remplacer sur scène ? Peut-être y a-t-il encore des artistes interprètes, acculés au système D auquel les contraint la dégradation des conditions d'exercice de nos métiers, peut-être y en a-t-il pour ignorer que cette dégradation est une conséquence directe du désengagement constant de l'État qui frise une véritable démission dans sa mission de soutien et de financement de la création artistique, notamment dans les secteurs du spectacle vivant. Le rétrécissement de nos activités de créations artistiques a donc avant tout des causes économiques. Mais les attaques - on devrait parler de démolition organisée de ce qui a été mis en place dans le service public de la culture depuis la Libération - prennent des formes diverses et d'autant plus dangereuses qu'elles se cachent derrière des considérations apparemment généreuses et démocratiques. »
Extrait de la lettre d’information du SFA et de la CGT Spectacles Languedoc-Roussillon du 03/10/2015


RÉCUPÉRATION ÉHONTÉE
Sur le site culture du Front National (cf. supplément du journal Le Monde du 31/10/2015), Jean Vilar, ancien directeur du Théâtre National Populaire (TNP) et fondateur du Festival d’Avignon, est abusivement cité en exemple sur la base d’une confusion entre culture populiste et concept vilarien de culture populaire, fondamentalement émancipateur. Si les mots et les idées qu’a portés Vilar ont encore un sens, personne ne saurait être dupe de cette grossière tentative de récupération.

Le CA de l’ATEJ
16 novembre 2015

ATEJ
99 – 103 rue de Sèvres
75006 Paris
contact@atej.net                                                                                                   
www.atej.net          
            

N.B. : Toutes les lettres d’information ATEJ sont consultables sur le site www.atej.net