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juin 2014



INTERMITTENTS : LES RAISONS DU CONFLIT

Les actions se multiplient contre l’accord du 22 mars 2014 sur l’assurance-chômage des intermittents du spectacle et tout particulièrement contre les nouvelles annexes VIII (techniciens) et X (artistes) de l’UNEDIC. Pour comprendre, revenir un peu en arrière. Le protocole du 26 juin 2003 avait déclenché l’annulation de la plupart des festivals d’été. Or, l’accord de 2014 reconduit en pire celui de 2003. Avant 2003 il fallait déclarer 507 heures en douze mois pour être éligible à l’assurance-chômage des intermittents. Et ce pour une durée d’un an avec examen du dossier à date fixe. L’accord de 2003 a réduit la durée pour réaliser les 507 heures. Dix mois et demi pour les artistes et dix mois pour les techniciens. Le repère de la date fixe a disparu et, à la place, les intermittents disposent d’un « capital » de 243 jours d’indemnisation . Quand celui-ci est épuisé, les agents de Pôle Emploi vont « rechercher » les 507 heures sur les dix derniers mois (ou dix mois et demi). Avec ces règles, toutes les heures travaillées ne sont pas forcément prises en compte dans le calcul des 507 heures. L’incertitude de l’indemnisation s’ajoute à la précarité de l’emploi avec la menace d’être dirigé(e) vers la sortie. L’accord du 22 mars 2014 conserve le dispositif tant critiqué de 2003 tout en restreignant quelques droits : entre autres, le « différé » , soit le délai de carence entre la perception des derniers salaires et le versement des allocations chômage, concerne désormais 48 % des allocataires contre 9 % auparavant.

CE QU’ON NE PEUT IGNORER

Aujourd’hui défendre l’assurance-chômage du spectacle vivant revient à défendre la création théâtrale. L’ATEJ a toujours soutenu les actions professionnelles successivement engagées pour la préservation de ce régime, tout en étant consciente que la défense de dispositif n’est parfois pas exempte d’ambiguïté. Il est évidemment impératif que le système d’allocation-chômage établi en 1969 soit maintenu. Mais, pour autant, il ne faut pas ignorer que ce dispositif constitue une aubaine pour le Ministère de la Culture et les pouvoirs publics. Une aubaine dont ils abusent cyniquement pour se désengager de leurs devoirs et de leurs responsabilités de financement d’une effective politique culturelle de service public.

Il est indispensable que l’assurance-chômage des intermittents soit confortée mais ce n’est pas nécessairement à elle, comme cela pourrait devenir le cas, de seule subventionner la culture et en l’occurrence le théâtre. Une partie des artistes semble, à cet égard, être tombée dans le piège. Le recours à des allocations chômage pour financer la création théâtrale (recherche, coûts de production et de communication, répétitions, etc.) anesthésie chez certains d’entre eux toute velléité d’agir collectivement auprès des pouvoirs publics pour exiger la mise en œuvre de nouveaux critères de financement public visant à ne plus pénaliser les compagnies et les projets jeunes publics (aides à la création, aides à la reprise, etc, comparables à celles pratiquées dans le secteur adultes) et à rétablir des subventions contractuelles et triennales de fonctionnement assurant la pérennité des structures de création. Des propositions formulées et présentées à plusieurs reprises par les adhérents de l’ATEJ mais qui n’ont pas toujours l’écho souhaité dans un « secteur jeunes publics » hétérogène et pour partie en voie de déprofessionnalisation. Il est pourtant aisé de constater qu’aujourd’hui, en l’absence de politique théâtrale de service public pour jeunes spectateurs, le triptyque ASSEDIC/autofinancement/lois du marché n’a rien de la panacée attendue et ne fait qu’accentuer la précarité économique des structures de création.

DES INTÉRÊTS PROFESSIONNELS DIVERGENTS

Face à cette situation, le « secteur jeunes publics » se tait. Il faudrait, semble t-il, ménager le Ministère de la Culture au moment où il fait miroiter le leurre d’une « Belle Saison » où tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Une « Belle Saison » qui, pour ce que l’on en connaît à ce jour, risque de se solder, au cours du prochain festival d’Avignon, par une opération de communication orchestrée par l’administration ministérielle et n’ayant d’autre but que de valoriser indistinctement l’existant. Sans apporter, entre beaucoup d’autres, les réponses attendues à la question vitale et urgente des moyens de survie et de développement des compagnies. Que se passera t-il en Juillet 2014 si la grève des intermittents perdure et perturbe les festivals d’Avignon, In et Off ? Les organisateurs de la « Belle Saison », qui pour la plupart sont des programmateurs généralistes, seront-ils en situation de faire preuve de solidarité avec le milieu théâtral professionnel ? Il s’agira peut-être alors d’une significative heure de vérité pour un « secteur jeunes publics » profondément divisé par des objectifs artistiques et/ou culturels hétéroclites, comme par des clivages corporatistes qui, en dépit des efforts constants de l’ATEJ, ne parvient pas à se coordonner, voire à se rassembler, dans l’intérêt des enfants et des jeunes, pour des actions concertées, constructrices et artistiquement innovantes.

EXPOSITION :


THEATRE ET JEUNES SPECTATEURS AU FESTIVAL D’AVIGNON

(1969-1975)

ATTENTION : DERNIERS JOURS !

Cette exposition conçue par la Bibliothèque Nationale de France (BNF) et la Maison Jean Vilar présente des documents d’archives sur le théâtre pour jeunes spectateurs programmé au Festival d’Avignon (1969-1975) sous les directions de Jean Vilar et Paul Puaux.

Alors qu’Olivier Py, nouveau directeur du festival, annonce pour l’édition 2014 le retour des spectacles jeunes publics, il a paru intéressant pour les initiateurs de cette exposition de revenir aux premières expériences dans ce domaine menées par le festival d’Avignon. Quelques années plus tard, en 1978, seront créés les premiers « Centres Dramatiques Nationaux pour l’Enfance et la Jeunesse » (CDNEJ). Les archives exposées en vitrine (16 spectacles programmés au total) sont accompagnées d’une sélection d’ouvrages sur le théâtre jeunes publics disponibles à la BNF et d’une documentation en consultation libre (programmes, revues de presse, photos, vidéos, textes dramatiques, etc.). Une bibliographie de ressources consacrée au théâtre jeunes publics complète cette présentation.

DU 16 AVRIL AU 28 JUIN 2014
Maison Jean Vilar 8 rue de Mons AVIGNON
Tél. : 04 90 86 59 64
www.maisonjeanvilar.org/news

Accès tous publics du mardi au vendredi (13h30-17h)
Accueil le matin sur rendez-vous Samedi de 10h à 17h



TOUJOURS DISPONIBLE

L’ouvrage « Théâtre et jeunes spectateurs, itinéraires, enjeux et questions artistiques » publié par l’ATEJ en février 2012 est toujours disponible. Commandes sur le site des éditions Lansman (www.lansman.org) au prix de 11 €.

 

  Le CA de l'ATEJ

ATEJ
101 rue de Sèvres (Lot n°1674)
75279 Paris Cedex 06
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N.B. : Toutes les lettres d’information ATEJ sont consultables sur le site www.atej.net