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Sommaire
Juin 1999

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QUESTIONS D’ACTUALITE

Quelles que soient les orientations politiques de nos gouvernements, il y a souvent loin des paroles aux actes, surtout lorsqu’il s’agit des droits des enfants. Le gouvernement actuel ne semble pas vouloir échapper à cette règle.

Lors de la journée d’étude de l’ATEJ, en mai 98, nous nous interrogions sur la suite qui serait donnée aux propositions de l’ATEJ «Théâtre et nouveaux publics : pour une politique de l’enfant spectateur». Nous avions en effet remarqué qu’au moment des concertations concernant la «Charte des missions du service public» les publics d’enfants, priorité désignée par notre Ministre de la Culture, avaient disparu entre la rue de Valois et la rue Saint Dominique.
Nous avions également constaté que cette «priorité», maintes fois affichée dans les médias, ne bénéficiait d’aucune traduction technique dans le nouvel organigramme de la DMDTS.
Depuis quelques mois, après la conférence de presse de Catherine Trautmann du 12 janvier dernier, intitulée «une politique pour le spectacle vivant», nous sommes confortés dans notre scepticisme : les dispositions envisagées sont loin de prendre en compte l’essentiel c’est-à-dire les objectifs, les enjeux et les conditions économiques de la création théâtrale en direction des publics d’enfants.

DES PERSPECTIVES EN TROMPE-L’OEIL

Constat n° 1
Dans cette conférence de presse, les «jeunes publics», pourtant désignés comme «priorité ministérielle», n’ont fait l’objet que d’un très court paragraphe dans un document de plus de 80 pages. Ce paragraphe n’est pas inclus dans la partie de la conférence intitulée « Stimuler la vitalité de la création artistique » mais dans la partie intitulée «Promouvoir une dynamique de démocratisation des pratiques culturelles». En compagnie de considérations sur «a politique tarifaire dans le secteur du spectacle vivant»…

Constat n° 2
La création comme son financement n’ont pas été abordés en tant qu’éléments déterminants d’une politique en direction des jeunes publics.

Constat n° 3
L’existence et les actions artistiques des compagnies et des établissements spécialisés ont été paradoxalement passées sous silence.

Constat n° 4
Les mesures annoncées et qui devaient répondre à l’une des priorités ministérielles n’ont fait l’objet d’aucun chiffrage, d’aucune identification budgétaire spécifique pour 99 (au niveau de la DMDTS comme au niveau des DRAC).

Constat n° 5
En dehors de la surprenante disposition relative à la mission des CDNEJ (voir ci-après nos questionnements sur la marginalisation du théâtre) les mesures ministérielles énoncées le 12 janvier dernier s’inspirent partiellement des propositions faites par l’ATEJ, dès 95, lors de la publication du livre blanc «Théâtre et nouveaux publics : pour une politique de l’enfant spectateur» (notamment en ce qui concerne la création d’un théâtre à Paris, des mesures budgétaires nouvelles pour plusieurs établissements spécialisés, l’établissement de conventions jeunes publics). Mais bien qu’étant partiellement reprises, les propositions de l’ATEJ sont vidées de leur sens initial.

En premier lieu, les «conventions jeunes publics» demandées par l’ATEJ sont des conventions permettant de soutenir et de financer simultanément la création et la diffusion (conventions spécifiques avec les compagnies et, simultanément, conventions spécifiques avec les établissements de diffusion). Dans le texte ministériel il n’est question que de diffusion. De plus, les conventions qu’il prévoit pour les établissements de diffusion ne semblent devoir bénéficier d’aucun financement approprié. De façon étrangement restrictive, elles ne concerneraient que les seuls établissements actuellement subventionnés par l’Etat… Ces conventions risquent donc de n’être que des déclarations d’intention purement formelles. Ainsi comprises, elles ne devraient pas faire illusion. Elles pourraient en effet s’avérer, ce qui serait particulièrement néfaste, comme de redoutables facteurs d’immobilisme en figeant, pour longtemps et dans son état économique actuel, une diffusion «jeunes publics» qui, comme chacun le sait, est gravement pénalisée par un manque chronique de moyens financiers.

En second lieu, les mesures ministérielles envisagées, au-delà des propositions de l’ATEJ, s’élargissent à l’ensemble de l’action culturelle pour jeunes publics. A première vue, cet élargissement et cet autre déplacement du sens ne peuvent être perçus que comme très positifs : l’ATEJ demande, depuis 95, une politique pour les enfants spectateurs de théâtre et, plus largement, le Ministère de la Culture envisage une politique « jeunes publics » intéressant l’ensemble des arts de la scène. Personne ne saurait s’en plaindre. Mais il faudrait, ce qui n’est pas le cas, qu’il s’agisse bien d’une véritable politique c’est-à-dire d’un ensemble cohérent de mesures appuyées par des financements appropriés susceptible de répondre ainsi, très concrètement, aux objectifs d’un nécessaire développement de la création et de la diffusion en direction d’un plus grand nombre d’enfants et de jeunes. En d’autres termes, il faudrait qu’il s’agisse d’une politique fondée sur une volonté explicite de développement culturel et sur la mise en synergie :

d’un soutien simultané à la création et à la diffusion,
du rôle incitateur et régulateur de l’Etat (notamment par la mise en œuvre d’un fonds d’intervention spécifique),
de la pérennisation des actions existantes,
du développement de nouveaux projets par l’implantation de nouvelles compagnies et de nouveaux établissements de diffusion spécialisés bénéficiant de conventions spécifiques.

Constat n° 6 (qui s’explique par le constat n° 4)
Nous sommes évidemment loin du compte.
A ce jour, aucune des dispositions partielles annoncées lors de la conférence de presse du 12 janvier 99 n’a été mise en œuvre. Nous en restons à l’effet d’annonce.

Constat n° 7
Au regard des concertations et des évaluations auxquelles nous avons participé en tant que spécialistes, ces dispositions sont d’ailleurs très insuffisantes.

Elles se fondent sur une approche globalisante et donc réductrice des «jeunes publics» parmi lesquels les publics d’enfants ne semblent pas exister en tant que publics particuliers. Elles apparaissent comme peu attentives aux objectifs, aux enjeux artistiques et sociaux qui s’imposent à toute réflexion approfondie sur l’accès des jeunes publics au théâtre (et aux diverses formes de spectacles vivants). Comme ces dispositions ne prennent pas suffisamment en compte la diversité et les identités des langages artistiques contemporains, il est difficile de croire qu’elles puissent, en tant que telles, constituer autant de «mesures fortes et symboliques ayant un effet d’entraînement sur l’ensemble du spectacle vivant».

L’approche choisie s’avère superficielle. Il ne suffit pas de mentionner les «jeunes publics» de façon incantatoire pour que cela constitue une politique. Ni de les aborder, comme cela est le cas, en tant que publics de complément, publics additionnels de l’action culturelle généraliste. Il est réducteur de les envisager en termes de consommation, en tant que publics de masse, de «bassin de publics».

Une politique «jeunes publics» ne peut se réduire à une banale opération de marketing. Il s’agit d’art, au premier chef, et donc d’abord de création théâtrale. Il s’agit plus largement de soutenir et donc de financer, dans l’intérêt du plus grand nombre d’enfants, un mouvement théâtral spécifique qui manifeste des projets artistiques particuliers, des modes de création, de diffusion, de formation toujours particuliers pour des publics particuliers.

Une authentique politique en faveur des «jeunes publics» ne peut être qu’une façon d’exprimer politiquement le sens et les objectifs de leur accès à des pratiques de spectateurs en tant que personnes et futurs citoyens, dans le cadre de perspectives clairement assumées de développement culturel en direction du plus grand nombre.

Il faut enfin admettre qu’une politique en faveur des jeunes publics de théâtre n’est pas totalement transposable, dans ses objectifs comme dans ses modalités, à l’ensemble des autres formes de spectacles vivants. En d’autres termes chaque forme de spectacle vivant suppose une approche singulière de ses modes de création et de diffusion en direction des publics d’enfants.

En dépit de tous les efforts de l’ATEJ pour éclairer la complexité du débat, nous constatons que l’approche des services ministériels en reste au stade des approximations. La réflexion sur le fond a été sacrifiée sur l’autel des impératifs budgétaires.

Constat n° 8
Les choix gouvernementaux qui imposent un désengagement financier progressif de l’Etat ont pesé sur l’instruction du dossier «jeunes publics». Autrement dit, on veut bien faire quelque chose mais on n’a pas les moyens de le faire. (Et surtout on ne veut pas arbitrer les quelques redéploiements budgétaires qui, sans dégâts majeurs étant donnée la modicité des sommes en jeu pour alimenter un fonds d’intervention, pourraient assez facilement s’effectuer au bénéfice des publics d’enfants et de jeunes enfin véritablement reconnus comme publics prioritaires).

A LA RECHERCHE DE LA PANACEE

On a donc choisi, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, de rechercher et de mettre en œuvre une solution miracle. Cette baguette magique, cette nouvelle panacée, s’appelle «établissements pluridis-ciplinaires».

De quoi s’agit-il ? L’astuce est de «pluridisciplinariser» l’ensemble des établissements subventionnés par l’Etat pour asseoir le désengagement de l’Etat envers la création. En imposant à tous ces établissements une programmation pluridisciplinaire (il est bien question d’obligation) on pense pouvoir résoudre, par la seule vertu de l’élargissement des possibilités de diffusion, le financement de la création et les problèmes économiques des compagnies. On tente ainsi de faire croire que l’on donne à tous alors, qu’en réalité, on ne donne que fort peu à quelques uns.

Obligation pluridisciplinaire pour les établissements et soumission de la création aux lois du marché culturel pour les compagnies sont ainsi les deux commandements de la nouvelle donne culturelle.

Le service public sera pluridisciplinaire ou ne sera pas. L’essentiel des dispositions prévues en direction des « jeunes publics » se fonde sur l’obligation pluridisciplinaire. Il semble d’ailleurs, qu’en corollaire, il ait été envisagé de mettre en cause l’action des artistes spécialisés ainsi que le financement des compagnies et établissements spécialisés. Cela aurait été toujours autant de gagné. Aujourd’hui, cette perspective paraît être écartée par Dominique Wallon selon des précisions apportées par lui au sujet de la circulaire concernant les «scènes conventionnées» («Lettre du spectacle», 7 mai 99). La circulaire en préparation concernerait non seulement des «Lieux pluridisciplinaires» mais aussi des «salles spécialisées […] dans les spectacles pour enfants».

VERS LA MARGINALISATION DU THEATRE ?

On ne peut dissocier la façon dont est abordée la question des jeunes publics, et particulièrement celle des jeunes publics de théâtre, des nouvelles dispositions concernant l’ensemble de l’activité théâtrale.
Les orientations générales de la politique ministérielle «pour le spectacle vivant» sont étrangement anti-théâtrales et participent d’une évidente, sinon consciente, marginalisation du théâtre.
Il apparaît même qu’on ait voulu, à l’encontre de toute pertinence, accréditer l’idée que le théâtre ne serait plus un vecteur privilégié de l’action artistique et culturelle.

Les « centres dramatiques nationaux » (CDN comme CDNEJ) se sont vus menacés, par exemple, de subir une forte modification de leur cahier des charges se traduisant par la perte de leur identité de «centres dramatiques » et par leur transformation en autant de « scènes nationales».

Autre mauvais coup pour le théâtre, la réforme du mode de subventionnement des compagnies prévoit la suppression des subventions annuelles de fonctionnement. Mauvais coup pour le théâtre dans son ensemble mais surtout pour les compagnies jeunes publics qui, pour la plupart, lorsqu’elles sont subventionnées par le Ministère de la Culture (ce qui est loin d’être le cas pour la majorité d’entre elles), relèvent de ce mode de financement.

Des dégâts considérables viennent de se produire dans plusieurs régions (Rhône-Alpes particulièrement) où de nombreuses compagnies jeunes publics se trouvent, d’ores et déjà, brutalement privées de subventions pour l’exercice 99, au bénéfice d’hypothétiques «aides à la production». Etant donné le niveau des financements disponibles et le mode de fonctionnement des comités d’experts on peut craindre, très légitimement, que ces aides à la production ne soient que très rarement affectées à la création théâtrale pour jeunes publics.

Nous attendons donc toujours une politique c’est-à-dire des décisions véritablement fondatrices en faveur des «jeunes publics» et particulièrement des «jeunes publics de théâtre». Les publics d’enfants demeurent les laissés-pour-compte des décisions ministérielles annoncées lors de la conférence de presse de janvier dernier.

Dans ces circonstances, l’accentuation de nos actions dans le cadre de l’ATEJ, pour la défense du droit des enfants au théâtre et pour la création d’un fonds d’intervention spécifique relève d’une urgente nécessité.

NB : La concertation que la DMDTS entend aujourd’hui «ré-engager», après plusieurs mois d’interruption, devrait permettre une approche plus satisfaisante du dossier «jeunes publics». Dominique Wallon vient de confier à Catherine Lephay-Merlin, responsable de la mission d’observation des publics, le soin de coordonner la réflexion et les travaux de sa direction sur la question. Le 17 juillet 99, dans le cadre des journées de la DMDTS au Festival d’Avignon, une demi-journée sera consacrée aux jeunes publics avec notamment une rencontre sur l’initiation au théâtre et à la danse autour de Jean-Claude Lallias et de Bernadette Leguil


Lectures

L’AVANT SCENE (Théâtre jeunes publics)
Ce numéro 164 de la revue «GRIFFON» est consacré, sous la direction de Dominique Bérody, à un dossier très complet, le premier du genre, sur l’écriture dramatique pour jeunes spectateurs, les auteurs, les éditeurs.

«Le théâtre jeune public dont nous parlons s’inscrit dans le champ d’une littérature où les mots, le texte et la langue s’offrent à la liberté des lectures et l’invention du jeu. Art polysémique par excellence, «le théâtre de jeunesse» au sens exact de cette expression, c’est-à-dire le théâtre qui accompagne cette période de la vie, s’écrit d’une encre existentielle qui incarne le verbe. Le théâtre, art fondateur d’humanité et de sens, ne peut se définir par le public auquel il s’adresse. Le médium n’est pas le message, et le destinataire du message n’écrit pas le texte qui lui est destiné. Il le lit et en fait une lecture qui l’éclairera sur ce qu’il est, au moment où il en est.»
Pour toute commande s’adresser à : Griffon – 4 rue Trousseau – 75011 PARIS (57F le numéro)

COMMENT LES ENFANTS D’AUJOURD’HUI VONT-ILS AU THEATRE ?
Pour répondre à cette question et accentuer ses actions en faveur d’une politique de l’enfant spectateur, l’ATEJ (Association du Théâtre pour l’Enfance et la Jeunesse), a organisé, le 16 mai 1998, une journée de rencontres et d’études qui a rassemblé au TJS de Montreuil plus de deux cents artistes, professionnels de l’action culturelle, enseignants...
Les échanges ont mis en évidence l’importance, la diversité et la spécificité des formes de création et des modes de relations entre théâtre contemporain et publics d’enfants et de jeunes. Et l’urgence, prioritairement de la part du Ministère de la Culture, d’une politique théâtrale adaptée en faveur des nouveaux publics d’enfants et de jeunes.
Cet ouvrage qui réunit l’intégralité des interventions et des débats de cette journée constitue un indispensable complément au livre blanc «Théâtre et nouveaux publics : pour une politique de l’enfant spectateur» que l’ATEJ diffuse depuis 1995.
Disponible depuis mars 99