Objectifs artistiques
La liberté de création et les conditions de production
La diffusion
Quoi faire ?
Un fonds d'intervention ?
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Sommaire
Mai 2005


Objectifs artistiques
La liberté de création et les conditions de production
La diffusion
Quoi faire ?
Un fonds d'intervention ?
Actions en cours

SYNTHÈSE DES RÉUNIONS RÉGIONALES (MARS 2005)

(extraits des comptes-rendus. La profusion et la richesse des interventions orales et écrites des compagnies a contraint les rédacteurs de cet essai de synthèse à abandonner en partie le plan des 5 questions posées en préalable à ces réunions par l’ATEJ.)

Objectifs artistiques

Les mêmes que pour n'importe quel autre spectacle, rigueur et professionnalisme identiques pour les enfants et les adultes.
Proposer aux enfants des textes de qualité.
Ni didactisme, ni pédagogisme, provoquer de l'émotion tout en faisant réfléchir.
Développer le sens critique et l'imaginaire.
Ouvrir à la connaissance du monde, et pourquoi pas du beau, et du souhaitable.
Souligner pour les enfants leur place dans ce monde, mettre en théâtre aussi leurs préoccupations d'enfants.


La liberté de création et les conditions de production ?

Liberté artistique très rarement attaquée de front.

Mais l'aide financière à une création "jeune public" est toujours, d'office, inférieure à l'aide à une création pour adultes.

Très peu de structures s'engagent réellement pour couvrir des frais de création.

L'obligation d'un certain nombre de représentations fait qu'on ne peut pas vraiment parler de coproduction mais plutôt de préachat(s) d'une série à bas prix qui permet(tent) de provoquer la création du spectacle.

Outre les conditions économiques, il faut parfois se plier aux contraintes thématiques, toujours aux contraintes techniques : peu d'acteurs, peu ou pas de décor, un montage quasi inexistant, un thème voire un titre accrocheur, la liberté de création est tout de même sous surveillance.

Une compagnie doit résoudre elle-même la question de la diffusion de sa création AVANT de (pouvoir) se préoccuper du travail de création.

Il est plus facile de vendre un concept qu'un spectacle.

On voit ainsi apparaître des spectacles "conceptuels", "mode", qui trouvent d’importantes tournées. Un nouveau secteur commercial se développe et prospère, soutenu sans hésitation par les diffuseurs institutionnels eux-mêmes.


La diffusion

La demande (des publics) semble en constante augmentation, mais les budgets alloués au jeune public en baisse.

Un spectacle à un service de montage se vend mieux qu'un spectacle à plusieurs !
Un spectacle "de grande jauge" se vend mieux qu'un spectacle "de petite jauge" !

Il est clair que la programmation jeune public est un pis-aller pour la plupart des théâtres qui nomment un responsable pour remplir un cahier des charges très précis : nombre d'enfants à toucher, budget à ne pas dépasser.

L'artistique vient ensuite.

Un diffuseur considère normal de "perdre" 5 000 à 15 000 euros sur l'accueil d'un spectacle adulte alors que la perte de 1 000 euros sur l'accueil d'un spectacle jeune public relève de la faute de gestion et ... de goût !

Les diffuseurs sont de plus en plus imperméables à la notion d’œuvre. Ils en viennent peu à peu à parler de produits, se cantonnant au rôle d’acheteurs.

Une nouvelle catégorie de diffuseurs apparaît : les fonctionnaires territoriaux, le plus souvent municipaux. Absolument pas formés pour ce travail, ils sont nommés à ces postes non en fonction de leurs compétences ni même de leur intérêt particulier pour le théâtre et les jeunes spectateurs, mais en fonction d’obscures considérations administratives et de gestion du personnel de leur corps d’origine. Ils n’ont de compte à rendre qu’à leurs élus, ou à des supérieurs hiérarchiques aussi peu compétents qu’eux-mêmes en matière de théâtre et d’enfant spectateurs. Souci !

Le jeune public crève sous la surabondance de discours et la pénurie d'actes et de moyens.

On entend plus souvent de beaux discours théoriques sur les "spectateurs de demain", que la simple affirmation que les enfants aussi ont droit aujourd’hui à des objets artistiques majeurs.

Les compagnies sont de plus en plus contraintes à proposer un travail d’animation avec leur spectacle. On assiste là à un retournement complet de sens : c’est alors l’animation qui justifie la création. La création perd son rôle de moteur de l’action culturelle.

Les collectivités locales apportant un financement aux compagnies confortent le plus souvent cette perversion du sens de la création, en accordant bien plus d’importance à l’accompagnement culturel qu’à la création elle-même.

On note la contagion de la notion de spectacle "famille", autrement appelé "tout public".

La notion de spectacles "familiaux" sert trop souvent d’alibi pour déprécier, voire refuser les représentations scolaires, dénoncées par de curieux partisans de la "liberté du spectateur" comme des "représentations obligées pour un public captif traîné dans les théâtres comme du bétail".

Sur ce point l’ATEJ se doit de rappeler deux exigences qui ont toujours été les siennes :

1 – Dans le théâtre pour enfants, le spécifique, c’est l’enfant, non le théâtre. L’enfant en formation au sein de l’École républicaine obligatoire. C’est au cœur de cette formation que le théâtre peut toucher tous les enfants, sans distinctions aucunes, d’où l’absolue nécessité militante des représentations scolaires.

2 – Favoriser, pour les mêmes spectacles, un équilibre entre représentations sur temps scolaire et représentations sur temps libre n’a rien de contradictoire. Tous les programmateurs (créateurs ou non) respectant les publics d’enfants et le public de théâtre en général recherchent cet équilibre. On peut noter, pour l’histoire récente, que les défunts Centres dramatiques nationaux pour l’enfance et la jeunesse, lorsqu’ils étaient dirigés par des artistes, ont donné l’exemple d’une complète réussite dans ce domaine.

Le théâtre de texte fait manifestement peur. Depuis plusieurs années déjà, la mode porte les spectacles où ce qui subsiste de théâtre sert de liant à des mélanges dans des proportions diverses de différentes disciplines artistiques : vidéo, musique, danse…

De plus en plus de spectacles sont fabriqués en fonction des attentes des diffuseurs.

La dérive perverse du sens tend à faire des compagnies de simples prestataires de service de la diffusion.

Il faut faire des choix clairs et refuser que le financement déclenche l'offre.

Nous parlons de création artistique, il faut donc revoir ses fondamentaux : ici, c'est l'offre qui doit primer sur la demande et non l'inverse.

Ce qui est à craindre, c’est que les créateurs authentiques de spectacles jeune public soient remplacés par des fabricants de spectacles qui viennent de plus en plus du divertissement.

Le sens de cette activité ne serait plus orienté dans l’intérêt de l’enfant spectateur.

On quitterait alors le champ de l’artistique pour le champ du commercial.
C’est bien la place de l’enfance dans notre société qui est en cause. Comment accepter que les enfants de moins de quinze ans (que le Ministère n’a jamais considéré comme un véritable public de théâtre, à prendre en compte, et pourquoi pas à privilégier compte tenu de son statut), qui fournissent un gros quart du public de théâtre dans ce pays, soient si peu considérés que l’État leur consacre le centième de son intervention financière en matière de théâtre, arguant sans vergogne d’une faiblesse artistique prétendument représentative de ce secteur, faiblesse qu’il (l’État) crée et entretient par une extravagante pénurie de moyens et un mépris des droits des enfants ?

Qui forme les diffuseurs ? Comment et à quoi ?


Quoi faire ?

Peut-être tout d’abord rompre l’isolement dans lequel se sentent nombre de compagnies.

Respecter les différences de formes et d’objectifs, sans les hiérarchiser.

Respecter et prendre en compte le rôle de nombreuses « petites compagnies » dans leur travail de proximité et leur intégration au tissu social qui les environne.

Revoir le statut des intermittents pour pouvoir travailler à plus long terme.

Mobiliser davantage certaines régions.

Ne pas oublier le théâtre en milieu rural.

Mettre en place une véritable politique théâtrale "jeune public" pour assurer une réponse aux besoins d’aujourd’hui, et préparer peut-être une ouverture sociale du public de demain.

Problème des comités d’experts auprès des DRAC. Non seulement les experts « théâtre et jeunes publics » y sont toujours minoritaires, mais ils sont souvent méprisés par leurs collègues pour adultes, de même que le  théâtre pour jeunes spectateurs lui-même. D’ailleurs, dans leur immense majorité, les experts tout public ne vont pas voir les spectacles jeune public.

Que directeurs et programmateurs voient plus de spectacles en dehors de leur petit cercle d'échange habituel, et cessent de diffuser sur catalogue.

Initier, former ou reformer aux expressions et pratiques artistiques les professeurs aussi. Ils sont des relais irremplaçables. De même que leur peur peut être contagieuse, leur curiosité, leur passion l'est toujours.

Interpeller les élus.


Un fonds d'intervention ?

Oui, mais à condition que les critères d’attribution soient clairs et que ce fonds ne profite pas seulement aux déjà nantis, aux membres des chapelles et des clubs d’influence.

L’ATEJ rappelle ici que la création d’un fonds d’intervention pour le théâtre et les publics d’enfants ne peut à elle seule (additionnée au saupoudrage des mesurettes existantes) constituer la base d’une authentique politique en direction du théâtre et des publics d’enfants. Ce fonds permettrait toutefois d’assurer une survie à moyen terme à des compagnies reconnues sur le plan artistique mais menacées d’asphyxie économique, de permettre à de très jeunes compagnies exigeantes dans leur recherche artistique de sortir la tête de l’eau et de se faire peut-être remarquer, comme à des équipes de diffusion réellement soucieuses de proposer du théâtre de qualité aux publics d’enfants avec une attention particulière portée aux conditions d’accueil de cet art et de ce public, de démontrer sur une durée significative la justesse d’un tel point de vue. Il y aurait là un progrès incontestable.

note 1 - Parmi les compagnies qui ont fait l'effort de répondre par écrit au questionnaire diffusé par l'ATEJ à l’occasion de la journée mondiale du théâtre, près d'une sur trois a souhaité le faire anonymement (en s'en expliquant oralement avec l'ATEJ dans la plupart des cas). Ceci en dit long sur le pouvoir exorbitant (mesures éventuelles de rétorsion comprises) attribué par ces compagnies aux programmateurs-diffuseurs, à tort ou à raison.

note 2 - De nombreuses " petites compagnies ", non subventionnées, ou ne bénéficiant que d’aides publiques dérisoires, se plaignent d’un mépris des pouvoirs publics, comme des compagnies "pour adultes", et même des rares compagnies jeune public ayant pignon sur rue.

Nombre d ‘entre elles, qui se considèrent comme participant d’une micro-économie, visent à l’autosuffisance, voire la revendiquent comme unique moyen de survie.
Certaines affirment se contenter de jouer dans les écoles, se produisant tout à fait exceptionnellement dans des salles de spectacle.

Dans des conditions de survie problématiques, il n’est donc pas vraiment surprenant d’assister, chez certaines de ces compagnies, à une perte d’ambition artistique, voire à une disparition de cette ambition légitime.

Lorsque ces compagnies réussissent à jouer dans des petites salles parisiennes, de statut privé, elles sont le plus souvent contraintes de jouer à la recette, devant prendre à leurs dépens les droits d’auteurs (SACD, SACEM éventuellement), ainsi que la taxe (environ 3 %) sur les recettes du théâtre privé. Même certaines salles subventionnées par le Ministère fonctionnent souvent ainsi… Bien entendu, ce sont les salles qui fixent le prix des places.


Actions en cours

En 1995, l’ATEJ publiait le livre blanc « Théâtre et nouveaux publics : pour une politique de l’enfant spectateur ».

Ce livre blanc, en raison de ses analyses et des propositions concrètes qu’il suggère, reste encore, aujourd’hui, largement reconnu comme l’un des rares ouvrages de référence permettant d’apprécier les objectifs artistiques spécifiques et les implications structurelles et financières d’un meilleur développement de la création théâtrale contemporaine en direction des publics d’enfants et de jeunes.

Ces propositions n’ont malheureusement pas été prises en compte par les initiatives de la politique mise en œuvre par le Ministère Trautmann.

Aujourd’hui avec un bilan critique (qui, à ce jour, reste à faire par les services concernés du Ministère de la Culture) l‘ATEJ considère qu’une révision de cette politique de l’Etat est devenue indispensable.

Le CA de l’ATEJ a été reçu le 7 décembre 2004 par Monsieur Thierry Pariente, conseiller technique auprès de Monsieur Donnedieu de Vabres, Ministre de la Culture et le 9 février 2005 par Jérôme Bouët, directeur de la DMDTS. Ce dernier a fait part de l’intérêt qu’il portait à la création éventuelle d’un Fonds d’intervention.

Tout en rappelant, y compris par écrit, à Monsieur Bouët, que la création d’un tel fonds ne constituerait qu’une partie des mesures indispensables, l’ATEJ lui a évidemment assuré que cette mesure (préconisée par l’ATEJ, comme outil souple et efficace, parmi d’autres mesures structurelles nécessaires à une évolution positive du paysage théâtral mis à la disposition de l’enfant spectateur), si elle était mise en œuvre, serait considérée par la profession comme le premier signe fort d’une volonté de révision de la politique actuelle, dans l’intérêt des enfants en tant que nouveaux publics de théâtre.

L’ATEJ va incessamment adresser au Ministère un document d’analyse sur la politique actuelle, qui cite largement cette synthèse de l’état des lieux dressé par les compagnies lors des rencontres régionales de mars dernier. Une version abrégée de ce document sera mise à la disposition de la presse par l’ATEJ (Par ailleurs l’ATEJ étudie l’éventualité de transmettre, dans les formes les plus efficaces, ses analyses à l’association regroupant tous les élus chargés de la culture dans les collectivités locales).