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mai 2010



ATEJ / INFORMATION

POURQUOI et COMMENT

Le secteur théâtral jeunes publics, plus encore que l’ensemble de l’activité théâtrale, est aujourd’hui dangereusement menacé par le désengagement financier du Ministère de la Culture prochainement aggravé par celui, annoncé, des collectivités régionales et locales. Dans ce contexte, suite aux échanges de notre assemblée générale du 22 mars sur la détérioration des conditions financières et techniques de création et de diffusion, la mise en évidence d’un certain nombre de repères artistiques et historiques relève des missions de l’ATEJ. Afin de rappeler POURQUOI et COMMENT plusieurs générations de femmes et hommes de théâtre, sur la base de propositions dramaturgiques innovantes et d’objectifs majoritairement émancipateurs, se sont successivement engagés pour imposer, par la diversité et l’influence artistique de leurs œuvres, le droit des enfants au théâtre et la légitimité d’un théâtre d’art pour jeunes spectateurs. POURQUOI et COMMENT ces artistes ont constamment revendiqué et souvent obtenu, au même titre que les autres artistes de théâtre, afin de garantir une nécéssaire indépendance de recherche et de création, un financement convenable et régulier de leurs activités dans le cadre de la POLITIQUE DE SERVICE PUBLIC du Ministère de la culture. Aujourd’hui ces possibilités de financement sont délibérément remises en cause. La création comme la diffusion, souvent au détriment des exigences artistiques, sont fréquemment contraintes à la précarité, à l’autofinancement, à l’abandon des règles professionnelles de fonctionnement et de production. Au mieux les enfants sont redevenus des spectateurs de second rang ou, au pire, sont considérés comme de vulgaires consommateurs livrés, à l’instar de nombreux adultes, au seul commerce de « produits culturels » de simple divertissement. Autant de constats dont il est difficile de s’accommoder et qui devraient naturellement inciter le secteur théâtral jeunes publics à réunir ses forces vives, autour de l’importance des enjeux, afin d’obtenir du Ministère de la culture la révision de sa politique et la mise en œuvre d’indispensables mesures ciblées, structurelles et budgétaires, permettant à la création et à la diffusion pour jeunes spectateurs de théâtre de bénéficier d’un soutien effectif et de retrouver des conditions de développement comparables à celles existant dans la plupart des pays européens.

 

Théâtre et jeunes spectateurs Repères artistiques et historiques

Le temps des pédagogues

XVIIème siècle En Europe centrale Comenius, humaniste luthérien (1592 – 1670), élabore un système pédagogique novateur incluant une pratique régulière du théâtre par les élèves. Simultanément développement en France des pratiques théâtrales amateur dans les collèges de Jésuites. 1689 A la demande de Madame de Maintenon, Racine écrit « Esther » pour les jeunes filles du pensionnat de Saint-Cyr. Représentation en costumes devant le roi et la cour. XIXème siècle Institutionnalisation progressive, en tant que discipline scolaire, du « theater in education », dans le système éducatif des pays de culture anglo-saxonne.

Le temps des artistes

Fin du XIXème siècle / Début du XXème siècle
Reconnaissance progressive des publics d’enfants par le milieu théâtral.

1874
« Le tour du monde en 80 jours » au théâtre du Chatelet (Paris)

1904 Mise en scène de « Peter Pan » (Londres).

1907
Maurice Maeterlinck écrit « L’oiseau bleu ». A Moscou, Stanislavski affirme : « Le théâtre pour enfants, c’est le théâtre pour adultes, en mieux.»

1908
Création de « L’oiseau bleu » au Théâtre d’art de Moscou (mise en scène Stanislavski).

1911
« L’oiseau bleu » au théâtre Réjane à Paris

1918
« L’oiseau bleu » au Schubert-Theater de New York (Broadway) 1922 Alexander Bryantsev et Nathalia Satz fondent à Leningrad le premier théâtre permanent pour jeunes spectateurs.

1928
Charles Dullin ouvre son Théâtre de l’Atelier à des créations pour jeunes spectateurs : « Si nous voulons assurer la continuité de notre effort, il nous faut lutter contre l’éducation purement visuelle imposée aux enfants et aux jeunes par le cinéma. Si nous n’organisons pas à l’intention de la génération qui vient une propagande active en faveur du théâtre, nous sommes menacés de la voir ignorer notre art et de s’en détourner. Il importe de créer des spectacles pour enfants en attendant de pouvoir leur donner des théâtres … ».

1930
Léon Chancerel fonde le Théâtre de l’Oncle Sébastien et la compagnie des Comédiens Routiers.

1948
Miguel Demuynck fonde le Théâtre de la Clairière en collaboration avec les CEMEA ( Centres d’Entrainement aux Méthodes d’Education Active )

1952
Sous l’égide le l’UNESCO et à l’initiative de l’Institut International du Théâtre la revue « World Theater / Théâtre dans le Monde » publie un numéro spécial qui distingue sans ambigüités les objectifs respectifs qui légitiment d’une part, l’existence d’un théâtre de création pour jeunes spectateurs et, d’autre part, les pratiques théâtrales éducatives des enfants et des jeunes en milieu scolaire (jeu dramatique et théâtre amateur / article de Marie Dienesch). En introduction de ce document fondateur, Léon Chancerel écrit : « J’ai la conviction profonde que des spectacles de haute qualité humaine, artistique et technique, spécialement conçus et réalisés pour la jeunesse et pour l’enfance, en liaison avec des éducateurs, par des artistes et des artisans conscients de la grandeur d’une aussi magnifique tâche et des responsabilités dont elle les charge, peuvent grandement et en tout premier lieu contribuer au progrès spirituel des peuples, à l’extension de la culture et du goût . Ils prépareront des générations de spectateurs, de critiques et de créateurs avertis, dans le même temps qu’ils offriront aux poètes, aux metteurs en scène, aux comédiens de ce temps une exceptionnelle et authentique occasion de recherche, de rafraichissement, de renouvellement et d’évasion hors des poncifs, des conventions, des conformismes et de tant d’entraves à leur libre inspiration, en leur offrant un immense public - le plus exaltant des publics – un public non encore déformé, non sophistiqué, enthousiaste et exigeant, magnifiquement exigeant .»

1957
Fondation de l’ATEJ par Léon Chancerel et Rose Marie Moudouès. Huit compagnies professionnelles s’adressent régulièrement, en France, aux jeunes spectateurs.

1960
Fondation à Lyon du Théâtre des Jeunes Années (TJA) par Maurice Yendt, soulignant que : « L’expression « théâtre pour enfants » n’a aucune signification de caractère esthétique. Au même titre que l’expression « théâtre populaire » illustrée par Jean Vilar, elle désigne un public et non un genre théâtral différent. Le « théâtre pour enfants », cela veut dire des jeunes spectateurs face à du théâtre. C’est aussi simple que cela … Et c’est extrêmement complexe puisqu’il s’agit d’abord de théâtre…»

1962
La fréquentation des représentations théâtrales pendant les horaires scolaires n’est que rarement autorisée en dehors des matinées classiques organisées à l’intention des collégiens et des lycéens par des compagnies habilitées par le Ministère de l’Education Nationale.

1965
Fondation de l’ASSITEJ (Association Internationale du Théâtre pour l’Enfance et la Jeunesse) par Léon Chancerel et Rose Marie Moudouès

1967
En novembre, le Théâtre de la Clairière, Miguel Demuynck (Paris), la Compagnie des Quatre Jeudis, Robert Privat (Genève) et le TJA diffusent un texte dans lequel le théâtre pour le jeune public est défini comme « un théâtre de personnages en possibilité d’évolution qui aide à la connaissance de la vie.»

Mai 1968
Journées de Villeurbanne où les principaux acteurs de la décentralisation dramatique soulignent l’importance des nouveaux publics d’enfants et de jeunes. A Paris Miguel Demuynck, président du BATTE (Bureau des Associations et Troupes de Théâtre pour Enfants) réunit le « Comité d’action des spectacles pour le jeune public ».

1969
Journées d’études sur l’animation culturelle pour l’enfance (Maison de la culture du Havre). Le ministère de l’Education Nationale institue le « tiers temps pédagogique » consacré aux disciplines d’éveil dans les écoles maternelles et primaires. Jean Vilar fait entrer le théâtre pour jeunes spectateurs dans la programmation du Festival d’Avignon

1970
Création du TEJP (Théâtre pour l’Enfance et la Jeunesse de Paris / Président André Barsacq ) par Michel Bourguignon et la Ligue de l’enseignement.

1971
Plus de 80 compagnies professionnelles s’adressent régulièrement aux jeunes spectateurs dans le réseau des établissements de la décentralisation dramatique avec notamment, le soutien de Antoine Bourseiller, Gabriel Garran, Marcel Maréchal, Ariane Mnouchkine, Guy Rétoré, Jo Tréhard

1972
Colloque de Royaumont organisé par des représentants du Ministère de la Culture ( Ministre Jacques Duhamel ) et du Ministère de l’Education Nationale en concertation avec Jean Danet et le SYNDEAC ( Syndicat National des Directeurs des Entreprises d’action Artistique et Culturelle ), Rose Marie Moudouès et l’ATEJ ( Association du Théâtre pour l’Enfance et la Jeunesse ), pour l’élaboration d’un « plan réaliste » visant à la mise en place de « centres dramatiques nationaux » à mission jeune public dans le cadre de la décentralisation dramatique . Une circulaire du ministère de l’Education Nationale généralise les commissions rectorales d’habilitation pour la fréquentation des représentations théâtrales, par les enfants des écoles, dans le cadre des horaires scolaires.

1973
« Le théâtre et les enfants » numéro spécial de la revue « Enfance » (CNRS) sous la responsabilité d’Helene Gratiot – Alphandéry La décision de créer à Paris un « théâtre national des enfants » (dirigé par Jack Lang et Antoine Vitez) est momentanément substituée au projet de six « Centres Dramatiques Nationaux pour l’Enfance et la Jeunesse ».

1974
Après celle du Havre, ouverture par Bruno Castan de l’Unité Enfance de la maison de la culture de Seine Saint Denis (Bobigny), qui disposera en 1980 d’un équipement autonome à Aulnay-sous-Bois.

1975
La revue ATAC / Informations publie un numéro spécial enfants « Les plus pauvres d’entre les pauvres » sous la direction de Dominique Darzacq et Sophie Cathala.

1976
Le Ministre Michel Guy déclare 1976 « Année du Théâtre pour enfants ». Il adresse à Catherine Dasté, Daniel Bazilier, Henri Degoutin, Yves Graffey, René Pillot et Maurice Yendt une lettre de mission créant, en préfiguration jusqu’au 1er Juillet 1978, six « Centres Dramatiques Nationaux pour l’Enfance et la Jeunesse » à Sartrouville (Théâtre de la Pomme Verte ), Saint Denis ( Compagnie Bazilier ), Nancy ( Comédie de Lorraine ), Caen ( Théâtre du Gros Caillou ), Lille ( Théâtre La Fontaine ) et Lyon ( Théâtre des Jeunes Années ) .

1977
Mise en place de la « mission d’action culturelle en milieu scolaire » au Ministère de l’Education Nationale. Le SYNDEAC et l’ATAC dénoncent la censure exercée par un certain de nombre de commissions rectorales afin de préserver « la liberté de création et d’animation des artistes dans le cadre d’une politique culturelle globale » définie à l’échelon national. Maurice Yendt et Michel Dieuaide inventent les RITEJ (Rencontres Internationales Théâtre Enfance Jeunesse) transformées ensuite en Biennale du Théâtre Jeunes Publics Le 25 octobre, sur le rapport de Pierre Dux, administrateur de la Comédie Française, le Conseil Economique et Social adopte, à l’unanimité, un avis favorable au développement des activités théâtrales à l’école et à l’institution de « Centres Dramatiques Nationaux pour l’enfance et la jeunesse. » Diffusion du « manifeste » rédigé conjointement par les directeurs artistiques des 6 premiers « Centres Dramatiques Nationaux pour l’Enfance et la Jeunesse » (Danièle Bazilier, Catherine Dasté, Henri Degoutin, Yves Graffey, René Pillot, Maurice Yendt / Michel Dieuaide)

1978
Le Ministère de l’Education Nationale met en place des « commissions académiques d’action culturelle » dans chaque rectorat.

1981
L’ASSITEJ réunit son VIIe congrès mondial à Lyon

1986
Paul Louis Mignon dans son ouvrage « Le théâtre au XXème siècle » souligne que « le théâtre pour les jeunes est la base naturelle de la politique théâtrale ». Diffusion du document ATEJ : « Les jeunes spectateurs partenaires du théâtre d’aujourd’hui ».

1987
157 compagnies professionnelles agissent en direction des publics d’enfants et de jeunes. Plusieurs d’entre elles disposent d’un équipement et d’une implantation permanente favorable à des activités de création et de diffusion : « Théâtre du Pélican » de Bruno Castan à Clermont Ferrand, « Théâtre du Mantois » de Jean Charles Lenoir à Mantes la Jolie, «Théâtre Athenor » de Brigitte Lallier – Maisonneuve à Saint Nazaire, «Théâtre de la Manicle »de Georges Verin au Havre, etc … Enquête sur « les publics de théâtre » du service des études du Ministère de la Culture. De façon assez aberrante elle se limite aux seuls publics « de plus de 15 ans » ! Diffusion par l’ATEJ d’une « lettre ouverte à un ministre de la Culture » pour un meilleur financement du réseau des CDNEJ et des compagnies permanentes.

1988
Commission de réflexion réunie par Robert Abirached, directeur du théâtre et des spectacles, en concertation avec l’ATEJ et le SYNDEAC. Cette concertation demeure sans suite.

1991
Le « Théâtre Jeune Public » de Strasbourg, dirigé par André Pomarat devient « Centre Dramatique National Alsace ». Bernard Faivre d’Arcier, directeur du théâtre et des spectacles, confie une mission d’étude à Véronique Ejnès. Après trois ans d’attente cette mission se révélera inachevée.

1994
190 compagnies professionnelles agissent prioritairement ou ponctuellement en direction des publics d’enfants, en relation avec le réseau des CDNEJ et des autres établissements de la décentralisation dramatique ou culturelle.

1995
L’ATEJ publie le livre blanc « Pour une politique de l’enfant spectateur ». Sur la base de multiples témoignages et d’analyses approfondies cet ouvrage de référence souligne que « l’accès des enfants […] à des représentations adultes du monde et de la vie et la diversité des formes et des contenus, d’une création exigeante et contemporaine, est un moyen privilégié de développer leur sensibilité et leur esprit critique. L’accès des enfants au théâtre est à la fois un acte artistique et un acte citoyen […] et l’un des meilleurs moyens de permettre au plus grand nombre possible d’entre eux […] de développer un goût durable pour le théâtre » . Il rappelle qu’en 1995 « trois millions d’enfants assistent à une représentation théâtrale à l’invitation des cent quatre vingt dix compagnies dramatiques, des six centres dramatiques nationaux pour l’enfance et la jeunesse (CDNEJ) et des cent cinquante établissements culturels (scènes nationales, centres culturels, etc …) qui s’adressent à eux. » (Cf. Le Monde du 7 février 1995, article d’Olivier Schmitt, qui relève au passage : « … pour la mise en scène : les spécialistes ont été rejoints par des hommes de théâtre aussi différents que Daniel Mesguisch, Stanislas Nordey, Laurent Pelly ou Olivier Py… » ). Mais ces avancées sont fragilisées par les carences de la politique théâtrale du Ministère de la Culture. Le livre blanc de l’ATEJ met en évidence la précarité grandissante d’un secteur constamment menacé par la pénurie des moyens financiers. Il propose un certain nombre de solutions concrètes, structurelles et budgétaires (avec, notamment, la création d’un fond d’intervention jeunes publics) qui, dans le cadre d’une effective politique artistique de service public, permettraient de réduire les disparités de financement.

1999
La réforme Wallon-Trautmann de la politique théâtrale du Ministère de la Culture, accentue le désengagement financier de l’Etat. De plus, sous prétexte d’une illusoire « généralisation par obligation » d’actions culturelles « jeunes publics » insuffisamment identifiées et instituées comme secondaires, elle met inconsidérément en cause le droit des enfants au théâtre (démantèlement progressif du réseau des « Centres Dramatiques Nationaux » à mission jeune public et suppression de toute forme de financement d’état spécifiquement attribué aux compagnies théâtrales et aux établissements de diffusion s’adressant prioritairement aux publics d’enfants ) .

2002
Catherine Tasca, ministre de la culture et Jack Lang, ministre de l’éducation nationale, mettent en œuvre un plan de cinq ans « pour les arts et la culture » qui, parce qu’il n’ignore pas les pratiques théâtrales des l’enfance, tempère momentanément les méfaits de l’administration Wallon-Trautmann.

2003-2009
Mise en panne du dispositif Tasca-Lang. Le désengagement financier de l’Etat ne cesse de s’accentuer. La dissolution du secteur théâtral jeune public dans l’action culturelle et socio-culturelle se poursuit. Une politique théâtrale de service public orientée vers les nouveaux spectateurs de théâtre ne fait plus partie des priorités des successifs ministres de la culture

ATEJ Mai 2010