haut










 

 

 












haut

 

 

 

 

 

 

 















haut

 

 

 

 

 

 










septembre 2010



ATEJ / INFORMATION

RENDEZ-VOUS D'AVIGNON

Maison Jean Vilar / 20 juillet 2010

Présentation des objectifs de l’ATEJ par Maurice Yendt, président.

« Nous sommes heureux de vous accueillir en Avignon. Nous devons tout d’abord remercier les responsables de la Maison Jean Vilar qui comme vous pouvez le constater, nous permettent, par leur aide logistique, d’organiser dans d’excellentes conditions ce premier « RENDEZ-VOUS D’AVIGNON ».

Cette nouvelle proposition de l’ATEJ complète le cycle de nos réunions régionales organisées aussi régulièrement que possible. Mais, comme nous l’avons indiqué dans nos courriers d’information, il s’agit d’une initiative assez différente.
Nous voulons, au cours du festival, proposer à nos adhérents comme à tous les professionnels intéressés, non pas une réunion de concertation autour d’un thème précis mais seulement une possibilité de rencontre pour des échanges ouverts et informels. Il n’y aura donc pas, au cours de la matinée, de débat structuré mais, au gré des participants successifs et sur la base de leurs préoccupations, des entretiens très libres avec les membres présents de notre conseil d’administration sur les objectifs et les diverses actions de l’ATEJ. Des actions dont le sens n’est pas toujours bien compris par une partie du milieu professionnel.

Pourtant, comme nul ne peut l’ignorer, l’ATEJ n’a jamais cessé depuis 1957, à l’époque où seulement huit compagnies professionnelles s’adressaient régulièrement en France aux jeunes spectateurs, d’agir pour favoriser un meilleur développement théâtral en direction des publics d’enfants et de jeunes. Dans cette perspective l’ATEJ est devenue un forum original à l’usage des artistes et des médiateurs de la diffusion théâtrale souhaitant confronter leurs expériences, éprouvant la nécessité d’approfondir la problématique et les enjeux fondamentalement complexes des activités théâtrales en direction des jeunes spectateurs. Désireux aussi de s’exprimer et d’agir collectivement au sujet de conditions d’existence largement soumises aux  avancées et aux reculs de la politique théâtrale des pouvoirs publics (Ministère de la Culture comme collectivités locales).

Dans ce contexte l’ATEJ fonde son identité sur des objectifs aisément identifiables.
Comme l’indique sa dénomination son champ d’intervention est celui du théâtre, seulement du théâtre sous toutes ses formes. Celui de toutes les problématiques (création, diffusion, formation) relatives au développement des pratiques théâtrales dès l’enfance.
Le but de l’ATEJ est de favoriser ces pratiques par l’élargissement du nombre des compagnies et des structures de diffusion, par une amélioration significative des conditions économiques de création et de diffusion dans le cadre d’une nouvelle politique théâtrale de service public visant à établir la parité des financements, actuellement refusée, entre actions théâtrales dédiées aux publics d’enfants et actions théâtrales réservées aux adultes.

Pour cela l’ATEJ s’attache à défendre le droit des enfants au théâtre en refusant de noyer les particularités des enfants spectateurs dans la notion globale de « jeune public ». Théâtre, service public et respect des droits de l’enfant sont les axes prioritaires qui fondent les actions de l’ATEJ.

Nous sommes ici dans la Maison Jean Vilar où la notion de « théâtre de service public » résonne de façon emblématique pour l’ensemble d’une activité théâtrale confrontée au désengagement financier de plus en plus accentué de l’Etat et aussi parce que les publics d’enfants et de jeunes, plus encore que tous les autres publics, légitiment pleinement cette notion de service public.

Sur ce plan, les préoccupations de l’ATEJ participent directement de celles du milieu théâtral en général. Le combat pour le maintien des financements de service public est redevenu un combat vital pour les artistes, pour leur effective liberté de recherche et de création. Au moment où les activités théâtrales sont de plus en plus soumises aux lois du marché, aux subterfuges de l’autofinancement, cette question est plus que jamais à l’ordre du jour.

Simultanément et pour mieux servir les objectifs artistiques de ses adhérents, l’ATEJ est aussi un outil technique. Notre association organise non seulement des réunions régionales d’information et de concertation mais procède aussi à des enquêtes et des évaluations régulières, publie sur son site des lettres d’information et, particulièrement, le répertoire « Théâtre en France pour jeunes spectateurs » à l’intention des professionnels du milieu théâtral et culturel.

Enfin l’ATEJ, en tant qu’association fondatrice de l’ASSITEJ (Association Internationale du Théâtre pour l’Enfance et la Jeunesse) est membre d’un important réseau international. En tant que centre français de l’ASSITEJ, l’ATEJ est en relation avec les associations théâtrales similaires de plus de 90 pays.

Dans le cadre de cette organisation internationale des relations ouvertes et des confrontations toujours artistiquement stimulantes permettent de constater que les enfants demeurent trop souvent les passagers clandestins des politiques culturelles. Ce qui oblige à identifier et à valoriser constamment, et cela est pour l’ATEJ une préoccupation fondamentale, la nature et l’importance des enjeux émancipateurs, artistiques et sociétaux, attachés à certaines formes de relations possibles entre théâtre de création contemporaine et spectateurs dès l’enfance. »

DE LA SPECIFICITE DU THEÂTRE POUR ENFANTS*

Quelques constats :

- Ce qui est spécifique, ce n’est pas le théâtre, mais les enfants*…

- La spécificité d’un public d’enfants (par rapport à un « public adulte », ou « d’adultes ») tient essentiellement à ce qu’il est composé d’individus en cours de formation…

- Ces individus en cours de formation ne disposent pas de tous les outils intellectuels d’analyse critique qu’un spectateur adulte est sensé posséder…

- Ces spectateurs enfants sont donc particulièrement vulnérables, leurs esprits peuvent être manipulés…

D’où il ressort :

- Que sur un plan moral, l’artiste s’adressant aux enfants a une responsabilité particulière que l’on pourrait dire spécifique, celle d’éviter toute manipulation des esprits (on est bien sûr en droit d’exiger de l’artiste le même respect pour son public adulte, mais celui-ci, à l’inverse d’un public d’enfants, est sensé être à même de se défendre)…

Si l’on veut bien admettre que le théâtre pour enfants, doté d’un objectif qui va au-delà du seul divertissement, se doit d’avoir une fonction émancipatrice**, on perçoit l’ampleur, la complexité, et sans doute la spécificité de l’obligation morale qui incombe à l’artiste

Il est évidemment question ici de théâtre de création, de théâtre d’art adressé aux enfants, et non de théâtre visant le seul divertissement, ni de « théâtre militant », ni de théâtre à visée pédagogique…

Sur un plan strictement pratique :

- Même rigueur artistique nécessaire dans un travail théâtral adressé aussi aux enfants que dans un travail visant un public adulte…

- Même nécessité de savoir-faire, de pleine possession de ses moyens pour l’artiste.

On pourrait peut-être aller jusqu’à émettre cette supposition :

- L’artiste-interprète, garant sur scène, au cœur de la représentation elle-même, de ce souci éthique, devrait faire preuve dans l’exercice de son art d’une qualité particulière de « distanciation », et ceci quels que soient le style de l’œuvre et les modes de jeu mis en branle pour sa représentation, afin de ménager à l’esprit du jeune spectateur une possibilité de circulation permanente entre identification aux protagonistes du drame et recul par rapport à celui-ci, en vue d’éviter tout effet de fascination pernicieuse…

Pour le reste, on pourra aisément envisager les propositions suivantes :

- Il n’y a pas de sujet tabou lorsqu’on s’adresse aux enfants…

- La liberté des genres, des styles et des formes est totale…

La pratique et l’expérience du théâtre pour enfants entraînent un certain nombre de découvertes difficilement mesurables, difficilement théorisables…
Aucun artiste ne peut ignorer, par exemple, la question de la durée de la représentation, aucun ne peut éviter un questionnement sur le rythme, etc…
Chaque artiste y apporte ses réponses création après création, sans qu’il soit possible d’énoncer quelque règle que ce soit.
Au demeurant, les mêmes questions se posent dans le théâtre « pour adultes ».
Mais il est tout simplement vital (pour l’œuvre théâtrale et son harmonieuse réception par ce public spécifique) de trouver, ou d’approcher au plus près des réponses pertinentes à ces questions, dans le théâtre pour enfants…

Enfin, on pourrait se garder d’une forme de discours à la fois angélique et (donc) démagogique, pourtant (ou faudrait-il encore dire : donc ?) fort répandu, selon lequel les publics d’enfants seraient à la fois les meilleurs, les plus (les seuls)  authentiques, les plus intransigeants publics, en somme des publics que l’on ne saurait tromper, et, par extension, des publics qui ne sauraient se tromper…

Bien sûr, on aura convenu au passage que les publics d’enfants manifestent plus activement (que le public adulte) leur désaccord, leur désintérêt, leur ennui éventuel devant un spectacle… « Les enfants ne se sentent pas obligés d’être polis, eux !… ».
On aura convenu aussi qu’il peut en aller de même pour leur accord, leur intérêt, leur plaisir devant un spectacle…

Il n’en demeure pas moins que tous les adultes, artistes ou non, qui ont une certaine expérience des publics d’enfants, savent pertinemment que n’importe quel public d’enfants peut être fasciné et enthousiasmé par un objet théâtral indigne, manipulateur et démagogique, pour peu qu’il soit habilement tricoté… Ce qui nous renvoie à nos premiers constats…

* on peut, pour faire moderne, remplacer  enfants  par  jeunes publics, ou, plus moderne, publics jeunes, ou, plus moderne encore, publics d’enfants, ou, post-moderne, public familial (ce qui est une autre histoire)…
** et c’est bien ce théâtre qu’entend défendre et promouvoir l’ATEJ.

Pour l’ATEJ, Bruno Castan

ENQUÊTE, REUNIONS REGIONALES

Au cours de la saison 2010-2011, l’ATEJ initiera une nouvelle enquête sur la création et la diffusion théâtrales en direction des jeunes spectateurs. Un nouveau cycle de réunions régionales sera simultanément organisé pour une meilleure évaluation des objectifs artistiques et des conditions d’existence des compagnies théâtrales (relations avec les pouvoirs publics notamment).

  ATEJ Septembre 2010

N.B. : Toutes les lettres d’information ATEJ sont consultables sur le site www.atej.net