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Septembre 2015



DÉCRYPTAGE

Toutes les opérations de communication ne se valent pas.
Il y a celles qui font du bruit et atteignent leur objectif.
Il y a celles qui ne font que du bruit.
Il y a celles qui se dégonflent avant même de faire du bruit.

Que penser de l’opération « Belle Saison », au-delà de l’autosatisfaction affichée par les diffuseurs qui ont soutenu sa promotion ?

Depuis deux ans la « Belle Saison » est principalement un label (une étiquette) ciblant indistinctement, sans que soit avancé le moindre financement, un ensemble existant et forcément hétéroclite de spectacles et de manifestations « jeunes publics » en tous genres. Au détriment de toute prise en compte de l’extrême disparité des démarches, des formes et des contenus. Car pour les organisateurs de cette opération l’approche des « jeunes publics » s’avère principalement sociologique.

Sur cette base, non artistique, la « Belle Saison » n’est rien d’autre qu’une opération de marketing culturel. Fait notable, elle tente de se faire passer pour moderne, voire innovante, en utilisant tous les expédients de l’idéologie néo-libérale, du crowdfunding au recours systématique à l’autofinancement et au bénévolat. Pas même besoin de financements publics, ce qui serait totalement démodé (voir informations diverses au cours du festival d’Avignon) ! On n’en croit pas ses yeux lorsqu’on a un peu d’expérience et de sens politique.

Ainsi conçue, l’opération « Belle Saison » (ne pas confondre avec le film éponyme de Catherine Corsini actuellement sur les écrans) ne pouvait que bénéficier du parrainage intéressé du Ministère de la Culture.
Cette agitation commerciale appliquée au secteur « jeune public » est pour lui une aubaine, une occasion rêvée pour se dédouaner de ses responsabilités, pour masquer son désengagement financier.

Selon les bonnes âmes de la « Belle Saison », tout dans le secteur « jeune public » peut se faire sans le Ministère, sur la seule base de l’existant, et par la bonne volonté « militante » des intervenants.
Assurément, aucun ministre de la Culture n’en demandait tant.
À noter, désengagement pour désengagement, que dans cette affaire le Ministère de l’Éducation Nationale se contente prudemment de faire de la figuration.

En ce qui concerne le théâtre, domaine artistique intéressant principalement l’ATEJ, le Ministère de la Culture pourra ainsi continuer à faire presque systématiquement l’impasse sur le rôle déterminant de nombreux artistes, comme sur l’indispensable financement de leurs compagnies et/ou établissements pour leurs projets de création et de formation en direction des jeunes spectateurs, ceci au détriment d’une politique théâtrale de service public effectivement émancipatrice et artistiquement exigeante.

Qui peut encore être dupe d’une « Belle Saison » en trompe-l’œil ?

N’est-il pas désormais urgent de faire preuve d’un minimum de lucidité artistique et politique ?
N’est-il pas nécessaire de faire fortement entendre, dans l’intérêt des enfants et des jeunes, d’autres voix que celles d’un tapage corporatiste derrière l’écran de fumée d’une « Belle Saison » ? Ces voix sont-elles d’ailleurs aussi représentatives qu’elles le prétendent ? Au bénéfice de qui ?
Dans un contexte économique dominé par l’emprise de la diffusion, les paroles d’artistes se font-elles suffisamment entendre ? Quels sont les motifs de ceux qui préfèrent se taire ?
Autant de questions auxquelles il serait urgent de répondre, dans l’intérêt du théâtre comme dans celui des jeunes spectateurs.

Le CA de l’ATEJ
14 septembre 2015


POUR EN SAVOIR PLUS :

L’ouvrage de référence publié par l’ATEJ « Théâtre et jeunes spectateurs/Itinéraires et enjeux et questions artistiques » (122 pages, 11€) est toujours disponible. Commandes sur le site de l’éditeur www.lansman.org

ATEJ
99 – 103 rue de Sèvres
75006 Paris
contact@atej.net                                                                                                   
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N.B. : Toutes les lettres d’information ATEJ sont consultables sur le site www.atej.net